L’AuthorRank détaillé de Google… et de Bing !

Article rédigé par Mathieu Chartier

Publié par dans Référencement le 28 février 2014

14 Commentaires

La notion d'AuthorRank est utilisée à tout-va depuis des mois pour parler de la note reçue par les "auteurs" actifs sur les réseaux sociaux mis en relation avec Google. Selon les grandes idées, il semblerait qu'être actif sur les réseaux sociaux auraient un impact direct pour le référencement et notamment pour les détenteurs des comptes. Sur le principe, je suis d'accord et je rêve que ce soit en place, mais dans la réalité des faits, je suis beaucoup plus perplexe, comme je l'avais laissé entendre dans un ancien article sur le "social rank".

L'AuthorRank selon Google...

Dans les faits, Google n'a jamais reconnu réellement l'existence d'un AuthorRank au sens propre, même si nous savons qu'un système équivalent existe, notamment si nous nous basons sur l'AgentRank qui a fait l'office d'un brevet dès 2005. Google a certes mentionné l'AuthorShip, système qui consiste à relier tous les outils Google autour d'un même compte "auteur" ainsi que les sites web de ce même auteur, mais en ce qui concerne l'AuthorRank en tant que tel (sous forme d'algorithme ou de note), rien n'a été confirmé ni gravé dans le marbre par le biais de brevets ou autres...

Le seul brevet qui parle d'une notation des auteurs a été déposé par Todd Jackson le 10 décembre 2013 et s'intitule explicitement Scoring authors of posts, avouez que c'est plutôt récent, et ce dernier est focalisé sur les systèmes de messagerie (spécialité de Todd Jackson) et microblogging associés aux recommandations dans le "graph social" pour valoriser des auteurs entre eux. La bonne nouvelle, c'est qu'une mention de l'AuthorRank apparaît enfin avec une figure détaillant les points pris en compte pour la notation (ci-dessous).

Système de l'AuthorRank de Google par Todd Jackson

Si nous détaillons le figure présentée ci-dessus, nous pouvons considérer que l'AuthorRank résulte de plusieurs facteurs cumulés :

  • nombre de commentaires obtenus sur les publications ;
  • nombre d'abonnés ;
  • nombre de Likes sur les publications (+1 pour Google+ donc...) ;
  • notation des contributeurs qui nous suivent (je vais y revenir tant c'est important !) ;
  • nombre de publications "ignorées", c'est-à-dire masquées ou non suivies par les abonnés (note "négative" pour réguler dans ce cas) ;
  • identification des spammeurs par leur adresse I.P. (ceux qui "aiment" tout, qui suivent tout et n'importe quoi, qui utilisent des mots "spammy" comme "comment devenir riche") avec une dévaluation forte de la notation ;
  • note de qualité des interactions avec les autres membres (détaillée ensuite).

Détaillons quelques points essentiels pour bien prendre toute la mesure de la notation des auteurs présentée par Todd Jackson. Si les interactions classiques (nombre de commentaires, de likes, d'abonnés, etc.) ne nous choquent pas et semblent logiques, certains points sont plus obscurs et plutôt novateurs. En toute humilité, je n'avais pas pensé à toutes ces éventualités, je suis donc comme un gamin devant un sapin de Noël en lisant les idées évoquées... :D

Tout d'abord, Google valorise très nettement la note des contributeurs mais surtout des abonnés. En gros, plus vous avez d'abonnés et plus ces derniers sont "qualitatifs", plus leur note est forte et donc la vôtre également... On pourrait faire le comparatif avec le PageRank+TrustRank en d'autres termes sauf qu'ici, ce ne sont pas les liens qui sont jugés mais les abonnés. Cela sous-entend aussi qu'avoir beaucoup d'abonnés de piètre qualité (ou peu actif) peut s'avérer quasi inutile (voire à terme être sanctionnable par Google avec un système équivalent à Google Penguin ?). Pour résumer, nous devons être actifs, inciter les interactions avec nos abonnés mais en plus de cela avoir des abonnés reconnus et également actifs. Pas simple, mais tellement grisant... :D

Les interactions avec les autres membres ont un grand rôle dans le système de notation. En effet, cela ne se cantonne pas à compter le nombre de commentaires ou de +1, le système est bien plus profond et intéressant. Plusieurs points méritent d'être détaillés tant le système est réfléchi :

  • L'utilisation du signe @ pour mentionner un membre (en réponse donc) a un rôle primordial. Plus une publication reçoit de réponses avec une mention de ce type, plus les auteurs sont valorisés.
  • Plus une publication reçoit de commentaires et de partages de membres différenciés, plus la note est valorisée.
  • Plus une discussion s'installe entre des mêmes contributeurs, plus la note est valorisée. Par exemple, si une publication devient un jeu de "questions-réponses" avec un même membre, plus l'auteur est mieux considéré car il interagit et s'investit avec ses membres.
  • La fréquence des commentaires et leur substance sont analysés pour sur-évaluer ou sous-évaluer la note :
    • La longueur des commentaires influe sur la note. Un simple "très bon article" n'a aucun poids alors qu'un commentaire constructif est valorisé.
    • Un commentaire ayant des contenus à forte plus-value (vidéo, illustration, lien vers une ressource de valeur...) est mieux noté pour le contributeur (donc sa note sera augmentée) et pour l'auteur de la publication commentée.
    • La note du commentateur agit sur la note finale de l'auteur.
    • Les liaisons entre les contributeurs et l'auteur ont un impact également (s'il s'agit d'un visiteur non abonné, la note est encore rehaussée par exemple car elle touche un nouveau membre !).
  • Pour le reste, le partage n'est pas toujours clairement mentionné mais il semblerait que ce soit pris en compte, ce qui serait logique... En effet, il est précisé dans le brevet que si une publication est partagée et qu'elle suscite des interactions via ce partage, la note de l'auteur initiale est augmentée.

Nous avons enfin là le détail des critères pris en compte dans l'AuthorRank de Google. Cela peut se résumer succinctement par le schéma ci-dessous mais il faut également ajouter à cela la valorisation due aux partages de partages, aux commentaires issus de partages, etc. Un réel maillage est fondé et tout est analysé pour valoriser les auteurs.

De ce fait, il est préconisé d'être actif sur les outils de microblogging Google+ et Twitter (en effet, Twitter est mentionné dans le brevet, donc on peut supposer que Google ne dit pas ça au hasard...), d'être suivi par des influenceurs (et de les suivre, c'est la moindre des choses car les liaisons sont analysées, je le rappelle !), de susciter un maximum d'interactions constructives (et pas des commentaires sans valeur) et d'éviter au maximum de tomber dans le spam à outrance...

Schéma de la note de l'AuthorRank Google

L'AuthorRank de Bing vu par Microsoft !

Si Google reste notre fer de lance en matière d'innovation sur les moteurs de recherche, n'oublions pas que les autres acteurs du marché ont aussi leur vérité et leur part d'intérêt. Bing de Microsoft fait office d'outsider (loin derrière Google toutefois) et a aussi son mot à dire.

Un brevet plus ancien que celui de Todd Jackson de Google intitulé Ranking Authors in Social Media Systems a été publié et demandé dès le 10 mai 2012. Le nom du brevet ne peut guère être plus équivoque et détaille en toute logique la méthode pour noter les auteurs par rapport aux réseaux sociaux. Dans le même temps, un autre brevet titré Discovering expertise using document metadata in part to rank authors a été déposé et demandé le 6 décembre 2012 ; ce dernier décrit comment des métadonnées utilisées dans des documents web peuvent aider à noter les auteurs de contenus.

Ces deux documents constituent une information de base pour mieux comprendre comment Microsoft qualifie les auteurs. En vérité, le système semble moins performant que celui de Google et se base essentiellement sur une analyse statistique et comportementale des intervenants sur les plates-formes sociales.

En résumé, le brevet de Microsoft explique que l’autorité des membres actifs pourrait être calculée grâce à ces points précis :

  • Analyse temporelle des partages de liens dans laquelle l'autorité est calculée sur la base de la capacité de l'utilisateur à fournir des liens innovants vers des pages web qui deviennent par la suite rapidement populaires. En d'autres termes, Microsoft scrute le nombre de partages effectué pour chaque publication mais aussi la qualité des interactions dues à ces partages tout en analysant l'écart-type temporel entre la publication et les partages (ce qui signifie qu'il est préférable de partager une bonne information, qu'elle soit rapidement partagée et commentée avec qualité...).
  • Calcul basé sur les auteurs de liens et de mises à jour de contenus dans des domaines précis pour lesquels ils font autorité. Microsoft analyse donc les thématiques abordées sur les réseaux sociaux et font le lien sémantique et logique avec les compétences reconnues des auteurs. Si un auteur publie des contenus à forte plus-value et qu'il fait en plus autorité dans le domaine, cela augmente sa note finale (nous pouvons en déduire qu'il vaut mieux éviter de se disperser chez Microsoft... :D).
  • Popularité et influence basées sur les liaisons et relations entre auteurs. Par exemple, des indicateurs tels que le nombre d'abonnés, de publications, de retweets, de mentions ou le nombre d’amis en ligne peuvent jouer sur la notation de l’internaute.

L'AuthorRank vu par Bing et Microsoft

Pour rappel, Bing a depuis peu son propre système AuthorShip en partenariat avec l'outil de suivi de réputation Klout. Désormais, il est possible de faire apparaître sa photo dans les SERP de Bing ou encore de faire connaître son autorité d'auteur grâce à la liaison entre les deux outils...

Pour l'anecdote, sachez que Yahoo! a aussi déposé un brevet le 16 octobre 2012 pour noter les contributeurs actifs sur les sites web, wikis et forums qui exploitent les User Generated Content (UGC). Ainsi, Yahoo! pourrait valoriser des auteurs reconnus par des métadonnées et qui contribuent beaucoup sur ce types de sites. Certes, nous sommes loin de l'AuthorRank mais cela signifie que la qualification des auteurs est dans toutes les pensées... Toutefois, rien ne dit si le système existe réellement et s’il est en place sur le moteur de recherche, tout comme celui de Microsoft…


  1. Agence Animation Monica Médias a écrit :

    5 mars 2014 à 00:23

    Saint Mathieu, tu m’arrêtes comme un vulgaire apôtre si je dis une bêtise…
    Mais pourquoi le mythique AuthorRank serait-il tributaire uniquement des miraculeuses interactions des réseaux sociaux? Alors les païennes Serps dans tout ça? Les taux de clics, temps de visite, après tout jusqu’à preuve du contraire, G.A. est toujours partout? Non (de nom de… Zeus)?

  2. Mathieu Chartier a écrit :

    5 mars 2014 à 09:23

    Merci pour ton commentaire mon enfant ! ^^
    Plus sérieusement, nous affabulons tous à propos d’un prétendu AuthorRank dont Google n’a jamais parlé (d’ailleurs, un très bon article paru cette semaine sur le site archi-connu Search Engine Land va dans mon sens) mais qu’en est-il en réalité ? J’ai juste trouvé un brevet qui mentionne enfin le terme et qui décrit quels facteurs sont pris en compte (ou tout du moins souhaités via ce brevet). Sur Google, les critères comportementaux (temps de visite, etc.) ne semblent donc pas faire partie du lot (contrairement à Bing) et l’AuthorRank décrit ici nous montre qu’il ne se limite pas aux réseaux sociaux mais à toutes publications d’un auteur (site, réseaux, forums…). :D

  3. Sylvain a écrit :

    5 mars 2014 à 10:34

    Dommage que la graphe de Todd ne mentionne pas la pondération de chaque élément. Pour les abonnés, serait-ce seulement Google+ ? Logiquement, et si l’algo se veut pertinent, ce ne doit pas être le cas, cependant dans quelle mesure sont partagés les réseaux sociaux ?

  4. Mathieu Chartier a écrit :

    5 mars 2014 à 10:38

    Le graphe de Todd Jackson ni le brevet ne parlent de réseaux sociaux à proprement parler, ils disent que les publications (articles, forums, réseaux sociaux, etc.) reliées à un auteur valorisent sa note, c’est donc beaucoup plus large que la conception que nous nous en faisons. Mais globalement, je pense qu’il s’agit essentiellement de Google+ en matière de réseau social (voire Twitter puisqu’il est pris comme exemple dans le brevet).

  5. Philippe a écrit :

    5 mars 2014 à 11:33

    Infographie bien instructive. Je pense que les liens vers le profil G+ posés sur des sites à forte autorité permettent de renforcer l’Author Rank. L’ancienneté du profil doit également jouer.

  6. IFDP a écrit :

    5 mars 2014 à 13:04

    Bonjour et merci pour ce décryptage sur l’AuthorRank qui pousse l’analyse un peu plus loin que le ratio suiveurs / suivis et du poids des comptes de ces derniers. Le jour où Google pourra(it) sanctionner les pages et comptes trop suivis par des bots ou faux profils, la peur du Négative AuthorRank va se propager comme celle du NSEO aujourd’hui.

  7. Mathieu Chartier a écrit :

    5 mars 2014 à 13:15

    L’ancienneté du profil n’est pas clairement mentionnée comme un critère mais l’autorité de l’auteur sur un sujet oui (ce qui est indirectement lié car plus on écrit depuis longtemps, plus on fait autorité en théorie…).

  8. Mathieu Chartier a écrit :

    5 mars 2014 à 13:17

    Oui j’avoue que j’y ai pensé en décryptant les facteurs pris en compte. On remarque bien que Google a déjà pensé à “l’après AuthorRank” avec son système de détection des spams et des commentaires sans plus-value. En gros, de prochaines sanctions à venir pour tout ceux qui abusent, et du Negative AuthorRank pour les méchants référenceurs ! ^^

  9. pascal a écrit :

    6 mars 2014 à 23:19

    toute la logique de google bien résumée dans ce schéma… j’aimerai bien connaitre le poids de certains liens dans l’algorythme…. mieux google qualifie l’auteur qui poste un commentaire plus il y aura d’impact… pourquoi google rachete pas Klout ?

  10. Mathieu Chartier a écrit :

    6 mars 2014 à 23:22

    Parce que Klout est le partenaire de Bing déjà… ^^
    Plus sérieusement, Google analyse en profondeur les auteurs, la qualité de leurs publications et de leurs interactions, sans oublier de déduire les éventuels commentaires spammy, etc. En fait, l’analyse est transversale et profonde, je trouve ça plutôt intéressant, mais ça sous-entend de futures pénalités…

  11. pascal a écrit :

    6 mars 2014 à 23:31

    google + va exploser d’ici 2-3 ans dans le monde du référencement : faudra t il etre beaucoup suivi afin de pouvoir faire bénéficier de jus positif en postant des commentaires sur les blogs .pour le futur, on trouveras des comptes google+spammés qui vont probablement proliférer sur la toile.

  12. Mathieu Chartier a écrit :

    6 mars 2014 à 23:43

    En effet, Google+ va devenir une arme, mais là où le ‘système Google’ est intelligent, c’est que pour gagner du “jus”, il faudra être actif, proposer des contenus qualifiés qui pourront donc générer des commentaires (partages, +1…), mais surtout que ces commentaires et partages soient rédigés par de nombreux autres auteurs réputés (si ce sont des comptes fictifs qui commentent, la valeur sera amoindrie).
    Je pense donc que si le système est bien mis en place et fonctionne correctement, il faudra vraiment chercher à faire autorité sur un sujet pour être un auteur mieux noté. Bien sûr il y aura des dérives mais ça peut se limiter grâce à ce mode de fonctionnement, je veux y croire naïvement en tout cas (soyons utopistes… :D).

  13. Insimule a écrit :

    18 mars 2014 à 11:25

    Suite logique au web communautaire…
    Google vient de confirmer l’information au SMX apparemment..

  14. Mathieu Chartier a écrit :

    18 mars 2014 à 11:53

    Ce serait parfait si Google confirme l’information.
    J’avoue que je suis tombé sur cette perle un peu par hasard et cela fera taire tous les mythes fondés autour de l’AuthorRank. Désormais, nous pouvons dire ce qui est pris en compte et donc faire nos préconisations d’usage pour favoriser la notation, sachant que la solution restera d’être actif et d’éviter les commentaires spammy à souhait… :D
    Merci en tout cas !

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